Atelier de restauration d'objets d'Art Paris

De l'artisan à l'artiste : restauration d'une statue de Marie Noël

« Le plus beau chant est celui qui contient le plus grand silence. » Marie Noël

La fauvette d’Auxerre

Quelle meilleure période se prête à écrire quelques lignes sur ce merveilleux poète que fut Marie Noël, la fauvette d’Auxerre ? Ce n’est pas par hasard que la jeune femme choisit ce nom de plume, bouleversement d’une âme très fortement marquée par la mort de son frère Eugène décédé un lendemain de Noël 1904.

Mystique d’une grande foi, Marie Rouget, né le 16 février 1883, mourut l’avant-veille de Noël 1967, laissant derrière elle une œuvre poétique emprunte d’une douloureuse mélancolie et du questionnement sans réponse sur la cohabitation du bien et du mal dans ce monde. Décédée en odeur de sainteté, son procès en béatification fut ouvert le 23 décembre 2017.

La coïncidence de l’arrivée dans notre atelier d’une statuette d’une trentaine de centimètres la représentant, alors que l’Avent, en préparation de la fête de Noël, bat son plein, nous pousse à partager quelques images du travail réalisé pour rendre à notre poète toute sa splendeur. Cet objet est une reproduction de l’oeuvre grandeur nature réalisée par François Brochet, qui met en valeur cette femme poète sur la place centrale de la ville d’Auxerre. 

Un bon nettoyage et quelques reprises d’éclats suffirent à rendre un bel ensemble visuel. Une grande rayure barrait le nom de Marie Noël sur le socle : notre défi fut de la résorber, pour rétablir la lecture des deux mots gravés dans la terre cuite.

Tout autour, gravés sur chacune des quatre faces du socle, on peut lire : « Marie Noël – J’aimerais mieux être lièvre et j’aurai été toute ma vie chien attaché – Il n’y a pas besoin de bonheur pour être heureux – Chardon sur une lande abandonnée ».

Et ces quelques vers, nous invite à entrer dans le monde mystique de la sainte que sera peut-être un jour Marie Noël :

« Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras,/ Mon enfant tout chaud sur mon coeur qui bat,/ J’adore en mes mains et berce étonnée,/ La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée./ De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas./ Vierge que je suis, en cet humble état,/ Quelle joie en fleur de moi serait née?/ Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée./ Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba/ Votre grâce? ô Dieu, je souris tout bas/ Car j’avais aussi, petite et bornée,/ J’avais une grâce et vous l’ai donnée. […] » Marie Noël, Berceuse de la Mère de Dieu extrait du Rosaire des joies.

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